Évaluation du risque radio-induit chez les patients en radiodiagnostic : Cas particulier du scanner

Clément DEVIC, Mélodie MUNIER, Nicolas FORAY 

FIBERMETRIX 7 allée de l’Europe 67960 Entzheim, France
UMR1296 INSERM 28 rue Laennec 69008 Lyon, France

L’estimation des risques potentiels associés aux expositions médicales à de faibles doses de rayonnement est un problème de société majeur. Le fait que de faibles doses soient généralement délivrées dans des conditions très différentes avec des caractéristiques physiques différentes rend cette évaluation plus complexe. En effet, les valurs de dose, le débit de dose, le nombre d’expositions dans le temps, le temps entre deux doses et le type de rayonnement peuvent avoir un impact significatif sur différents phénomènes biologiques et également conditionner la réponse individuelle à prendre en compte dans toute évaluation des risques. Le radiodiagnostic représente la majorité des expositions médicales à faibles doses, avec une moyenne de 1,6 mSv / an par personne dépassant désormais la limite de dose annuelle de 1 mSv / an pour le grand public. Cette exposition croissante pose question quant aux risques auxquels sont exposés les patients. Si le scanner ne représente qu’une faible partie des actes (10%), il représente en revanche la large majorité de la dose distribuée (70%). De plus, plusieurs études épidémiologiques évoquent un risque de cancer radio-induit chez les enfants en scanner. En nous concentrant sur des examens de scannographie spécifiques (Crâne et thorax), nous avons exposé différentes lignées cellulaires humaines de radiosensibilité différente et de différents tissus dans les conditions exactes d’exposition médicale décrites ci-dessus, notamment à l’aide de fantôme adaptés, afin d’examiner les phénomènes biologiques spécifiquement impliqués, à savoir : 

  • Le facteur individuel
  • L’hyper-radiosensibilité aux faibles doses et aux faibles débits de dose
  • Les effets liés aux répétitions de doses dans un temps court
  • Les effets liés à l’énergie des rayons X

Le paramètre biologique principal observé concerne la fonctionnalité des voies de signalisation et de réparation des dommages à l’ADN, qui conditionne non seulement la réponse individuelle au rayonnement, mais également les trois autres facteurs susmentionnés. La technique d’immunofluorescence a été appliquée à toutes les conditions d’exposition pour quantifier l’induction et la réparation des cassures double-brins de l’ADN induit par les radiations, ainsi que le transit de la protéine ATM du cytoplasme au noyau. Cette approche méthodologique permet d’évaluer le nombre très faible d’évènements radio-induits jusqu’à l’équivalent de mSv. Des collaborations directes avec des radiologues de différents départements ont permis également une comparaison quantitative entre les centres pour un type d’examen donné. Parallèlement, la dose physique a été mesurée à l’aide d’une nouvelle génération de dosimètre mis au point par la société Fibermetrix, qui a permis une analyse cinétique plus précise de la dose. Combiner ces nouvelles approches de mesure de la dose physique et biologique a contribué́ sans aucun doute à une meilleure compréhension des risques induits dans les conditions actuelles d’exposition médicale. 

Pour lire la thèse complète : https://bit.ly/3n7Yqg5