Titre original : « Health-related quality of life and overall survival: a prospective study in patients with head and neck cancer treated with radiotherapy » publié en décembre 2020 dans le journal “Quality of Life Research”.

Intérêt de l’étude

L’objectif de cette étude prospective était d’examiner si la qualité de vie avant et après traitement est associée à la survie, après ajustement des facteurs démographiques, cliniques, et liés au mode de vie chez les patients atteints de cancers de la tête et du cou.

Méthode

Les auteurs ont constitué une cohorte de 948 patients atteints de cancer de la tête et du cou nouvellement diagnostiqués et traités par (chimio)radiothérapie primaire ou adjuvante avec intention curative.

Ils ont évalué, sous forme de questionnaire, la qualité de vie des patients, en incluant un grand nombre de variables notamment environnementales. Ces questionnaires ont été remplis par les patients avant leur traitement, ainsi qu’à à différents temps après traitement (6 semaines, 6 mois et 12 mois ).

Les résultats obtenus ont été analysés suivant le modèle de Cox, une approche multivariée de régression logistique couramment utilisée dans la recherche médicale pour analyser les données relatives au temps de survie en fonction d’un ensemble de covariables (ici, des facteurs associés à la qualité de vie). 

Résultats

– Une meilleure qualité de vie est significativement associée à une survie plus longue, après ajustement des facteurs démographiques, cliniques et liés au mode de vie. Ces critères comprennent la qualité de vie globale, l’activité physique, l’état émotionnel, cognitif et social avant le traitement ainsi que 6 semaines, 6 mois et 12 mois après le traitement.

– La qualité de vie mesurée 6 semaines après le traitement par rapport à la situation avant le traitement, n’est pas significativement associé à la survie. Cela peut s’expliquer par le fait que peu de temps après le traitement, de nombreux patients souffrent encore des effets secondaires aigus du traitement et donc le changement de qualité de vie à court terme n’est pas encore un facteur discriminant. La plupart de ces effets secondaires aigus disparaissent à partir de 6 mois après le traitement.

– Une baisse de l’activité physique et une aggravation de l’état émotionnel (dont des « symptômes dépressifs ») à 6 et 12 mois après le traitement sont significativement associé à une survie plus courte. Cette association avait déjà été démontrée dans des études antérieures, sur différents types de cancers y compris le cancer du sein.

Conclusions

– Le suivi des changements de la qualité de vie (en particulier l’activité physique, et l’état émotionnel) au fil du temps dans la pratique clinique semble important, car ces scores peuvent être sensibles pour signaler une détérioration clinique. Le suivi des symptômes (tels que la dyspnée, la fatigue et la douleur) dans les soins de routine pour les patients semble être associé à une survie accrue par rapport aux soins habituels. Cela peut s’expliquer par les réponses précoces des infirmières aux alertes de symptômes, avec des interventions cliniques, et une meilleure tolérance à la chimiothérapie par rapport au groupe recevant les soins habituels.

Surveiller la qualité de vie dans la pratique clinique peut permettre d’identifier les patients à risque suite au traitement. Cela pourrait contribuer à améliorer davantage les soins contre le cancer de manière opportune et efficace.

Nos solutions

Nos tests rapides reflètent notre volonté de personnaliser la médecine en optimisant à la fois l’efficacité des traitements par radiothérapie mais également la prévention des toxicités.

Nous avons développé un modèle prédictif de la toxicité aiguë après une radiothérapie pour les patients atteints de cancers de la sphère ORL, en utilisant à la fois notre test RADIODTECT®, et les facteurs dosimétriques des tissus normaux.

Nous n’avons pas tous la même sensibilité aux rayonnements tels qu’utilisés en radiothérapie. Mesurer cette radiosensibilité permet d’évaluer, en amont du traitement, le risque des effets secondaires et ainsi permet d’améliorer la qualité de vie globale des patients traités.